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Appel pour sauver l’héritage d’AlBehar : la mémoire des émigrés libanais ne doit pas disparaître

À la fin des années 1980, alors que les voix des émigrés libanais à travers le monde restaient dispersées, inaudibles, que leurs luttes demeuraient silencieuses et que leurs rêves et réussites étaient ignorés, le magazine AlBehar est né pour changer cette réalité.

Un rêve porté par trois frères — Rachid, Ali et Kamal Badreddine — convaincus que la distance ne devait pas faire taire les histoires de leur peuple.

À une époque où les communautés libanaises de la diaspora n’avaient aucun média pour les représenter, AlBehar a osé franchir le pas. Il fut le premier à mettre en lumière les parcours et les succès des émigrés, devenant un phare qui ouvrit la voie à de nombreuses autres plateformes médiatiques.

Les débuts : une voix pionnière pour la diaspora

AlBehar a démarré avec peu de moyens, mais une ambition immense. Il fut l’une des premières publications consacrées exclusivement aux questions de l’émigration, à une époque où peu de médias s’y intéressaient.

L’équipe éditoriale parcourait le monde à la rencontre des communautés libanaises, racontant leurs histoires et devenant leur unique voix. Par ce biais, AlBehar a ouvert la voie à d’autres publications et plateformes.

En 1992, le ministère libanais de l’Information a officiellement délivré sa licence au magazine (décision n°61, du 19 février 1992). AlBehar est alors devenu une publication hebdomadaire modeste, mais porteuse d’une mission majeure : reconnecter le Liban avec ses enfants à l’étranger.

Rachid, formé au journal AnNahar, Ali à l’Agence nationale de presse, et Kamal, actif dans la diaspora en Belgique, ont uni leurs forces pour lancer ce projet. Le journaliste expérimenté Joseph Khalil les a rejoints comme conseiller éditorial, apportant son savoir-faire et sa sagesse.

Ainsi, AlBehar a pris vie — traversant les continents, portant la voix de millions de Libanais.

L’âge d’or : engagement, courage et communauté

Pendant des décennies, AlBehar fut bien plus qu’un magazine : un foyer

Quand personne ne documentait la vie des Libanais en France, en Belgique, au Canada, en Afrique ou dans les pays du Golfe, AlBehar était là. Il célébrait leurs victoires, exposait leurs défis, et relatait des moments historiques — des visites du président Michel Sleiman en Afrique aux tournées de figures religieuses et culturelles à travers le monde.

Chaque article était une bouée de sauvetage.
Chaque numéro, un fragment d’histoire.

AlBehar ne se contentait pas de rapporter les faits : il retraçait le parcours d’un peuple, mettait en lumière des héros méconnus, et reflétait les espoirs d’une communauté dispersée mais résiliente.

Mais cette mission avait un prix. Avant l’ère numérique, le rédacteur en chef Rachid Badreddine parcourait seul les continents, souvent dans des villes inconnues, recueillant témoignages et récits, avant de retourner à Beyrouth pour façonner chaque édition avec passion et rigueur.

Le magazine a prospéré parce que les émigrés y croyaient. Ils en avaient besoin.

En 2016, AlBehar a lancé son site web officiel, enregistré auprès du Conseil national de l’audiovisuel le 3 octobre 2016. Ce site a ouvert une nouvelle fenêtre sur d’autres communautés, offrant une plateforme aux voix de tous horizons.

Le combat pour survivre

Puis vinrent les tempêtes : effondrement économique au Liban, pandémie mondiale, et étouffement progressif des médias indépendants.

Malgré tous les efforts pour s’adapter, réduire les coûts et continuer par la seule force de la volonté, AlBehar n’a pas résisté à l’accumulation des crises. L’édition imprimée, jadis symbole de lumière, a dû être arrêtée.

Aujourd’hui, AlBehar se trouve à la croisée des chemins.
L’institution qui donnait la parole à des milliers de Libanais lutte désormais pour garder la sienne.
Le site reste en ligne, mais avec des moyens très limités. Relancer le magazine semble un rêve lointain.

Pourtant, malgré le poids des années et des difficultés, Rachid Badreddine n’abandonne pas. Son engagement est intact. Il continue à défendre un héritage qu’il refuse de voir disparaître.

Un dernier cri : ne laissez pas cette mémoire s’effacer

AlBehar n’a jamais été qu’une simple encre sur du papier.
C’est — et cela reste — un témoin de la résilience des émigrés libanais, et du lien indestructible qui les unit à leur terre natale.

Il est resté neutre dans un pays divisé, fut une lumière dans les heures sombres, et a offert une tribune ouverte à tous les Libanais et Arabes, quels que soient leurs parcours, convictions ou appartenances.

Mais cette neutralité a eu un prix.

AlBehar a subi pressions et harcèlements — notamment lorsqu’il dénonçait la corruption au sein de certains membres de la diaspora, enrichis au détriment de la dignité ou de la sécurité d’autrui. Certains numéros furent même confisqués, refusant de céder aux logiques de favoritisme ou de pouvoir.

Des centaines d’histoires attendent encore d’être racontées :
des réussites authentiques méritant d’être saluées,
des succès factices, nés de la fraude ou du népotisme,
des récits de douleur, d’espoir, de solidarité, de chute et d’ascension.

AlBehar n’a jamais dévié de sa ligne.
Il n’a jamais trahi la vérité.
Il n’a jamais gardé le silence.
Et c’est précisément pour cela qu’il est aujourd’hui en péril.

Nous avons besoin de vous

Nous sollicitons votre aide.
Que ce soit par un soutien financier, un partenariat, ou simplement en relayant cet appel — AlBehar peut renaître.

Ne laissons pas ce chapitre de notre histoire se refermer.
Assurons-nous que l’institution qui a porté la voix des émigrés libanais puisse la faire entendre à nouveau.

Ne laissez pas la mémoire de nos émigrés s’effacer. Aidez-nous à sauver AlBehar.

Avec gratitude et espoir,
Rachid Badreddine
Rédacteur en chef
Magazine AlBehar & AlBehar.net

A Call to Save the Legacy of AlBehar: The Memory of Lebanese Emigrants Must Not Be Erased

In the late 1980s, when the voices of Lebanese emigrants around the world were scattered and unheard—when their struggles were silent, and their dreams and achievements overlooked—AlBehar magazine was born to change that.

It was a dream brought to life by three brothers—Rachid, Ali, and Kamal Badreddine—who believed that distance should not silence the stories of their people.

At a time when Lebanese communities abroad had no platform to represent them, AlBehar took the bold step. It was the first to spotlight the lives and accomplishments of emigrants, becoming a beacon that paved the way for countless media outlets that followed.

The Beginning: A Pioneering Voice for the Diaspora

AlBehar began with limited resources, but an ambitious vision. It was one of the first publications dedicated solely to emigration affairs—at a time when few channels or newspapers paid attention to the concerns of Lebanese expatriates.

The editorial team traveled to diaspora communities, telling their stories and becoming their only voice. In doing so, AlBehar opened the door for future publications and platforms to follow.

In 1992, the Lebanese Ministry of Information officially licensed the magazine (Decision No. 61, dated February 19, 1992). It started as a weekly print issue, with a powerful mission: to reconnect Lebanon with its sons and daughters abroad.

Rachid, who had honed his skills at AnNahar , Ali from the National News Agency, and Kamal from the Belgian Lebanese diaspora, poured their efforts into the project. Later, veteran journalist Joseph Khalil joined as editorial advisor, offering wisdom and editorial strength.

Thus, AlBehar took shape—traveling across continents, carrying the voices of millions.

The Golden Era: Commitment, Courage, and Community

For decades, AlBehar was more than a magazine. It was a home.

When no one was documenting the lives of Lebanese emigrants in France, Canada, Africa, Belgium, or the Gulf, AlBehar was there. It celebrated victories, highlighted struggles, and chronicled historic moments—from President Michel Sleiman’s visits to Africa to the travels of religious and cultural leaders across the globe.

Each article was a lifeline.

Each edition was a piece of history.

AlBehar didn’t just report—it documented the journey of a people, spotlighted unsung heroes, and created a mirror for a scattered yet resilient community.

But this mission came at a price. In the days before digital communication, Editor-in-Chief Rachid Badreddine crossed continents alone, often landing in unfamiliar cities, gathering stories one by one before returning to Beirut to compile each issue with dedication and love.

The magazine thrived because emigrants believed in it. They needed it.

In 2016, AlBehar launched its official website, registered with the Lebanese National Audiovisual Council (October 3, 2016). It opened a window to new generations and countries, offering a digital space that gathered voices from every walk of life.

The Fight for Survival

Then came the storms: Lebanon’s economic collapse, the pandemic, and the slow suffocation of independent media.

Despite adapting, cutting costs, and working “on pure will,” AlBehar could not withstand the pressure. Its print edition, once a beacon, was forced to stop.

Today, AlBehar stands at a crossroads.

The institution that once gave a voice to thousands is now struggling to keep its own.

Its website remains online—but with only minimal capacity. And reviving the full magazine now feels like a distant dream.

Still, Editor-in-Chief Rachid Badreddine refuses to let go. Even as the years weigh heavily, his passion remains unshaken. He is still fighting to preserve a legacy that must not be allowed to disappear.

A Final Cry: Don’t Let This Memory Fade

AlBehar was never just ink on paper.

It is—and always was—a witness to the resilience of Lebanese emigrants and the unbreakable bond with their homeland.

It remained neutral in a divided country.

It was hope during despair.

It was a space for all Lebanese and Arabs, regardless of background, belief, or affiliation.

But neutrality came at a cost.

AlBehar faced pressure and harassment—especially when exposing corruption among some emigrants who chose wealth over integrity, often at the expense of public safety or dignity. Some issues were confiscated, simply for refusing to bow to favoritism or politics.

Hundreds of stories still wait to be told.

Real triumphs that deserve celebration.

Fake achievements born of fraud and nepotism.

Tales of pain, hope, resilience, and solidarity.

AlBehar never strayed from the truth.

It never compromised. It never remained silent.

And today, for that very reason—it finds itself in peril.

We Need You

We ask for your support.

Whether through funding, partnership, or simply sharing this message—AlBehar can rise again.

Let us not allow this chapter of our history to be lost.

Let us ensure that the institution that once carried the voices of the Lebanese diaspora can find its voice again.

Don’t let the memory of the emigrants be erased. Help save AlBehar.

With gratitude and hope,

Rachid Badreddine

Editor-in-Chief

AlBehar Magazine & AlBehar.net

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